Promenade ethnolinguistique à Motalava

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MotalavaAux antipodes de nos contrées herbues, au beau milieu de l'Océan Pacifique, se trouve une petite île de 12 km de long sur 3 km de large, nommée Motalava (carte). Comme la plupart des îles de la vaste Océanie, elle fut peuplée, au cours du premier millénaire avant notre ère, par des populations venues des côtes de Nouvelle-Guinée, au nord de l'Australie ; encore ne s'agissait-il que d'une des branches de la grande famille des peuples austronésiens, dont la formidable aventure avait commencé quelques siècles plus tôt vers l'île de Taiwan, et qui en quelques coups de voiles avaient fini par peupler la Malaisie, les Philippines, l'Indonésie, Madagascar à l'ouest, et tout le Pacifique à l'est, depuis l'archipel des Salomon jusqu'à l'île de Pâques. Aujourd'hui, les langues d'Océanie, parlées seulement par 0,2% de la population mondiale, atteignent le nombre phénoménal de 500, soit plus de 10% du nombre de langues parlées sur la planète. C'est dire combien cette région du monde représente une mosaïque de "petites langues" parlées par de minuscules communautés de quelques milliers à peine de locuteurs : ainsi, la République du Vanuatu, avec ses 113 langues pour 200 000 habitants, constitue le record mondial de densité linguistique ; les deux autres pays composant la Mélanésie, à savoir la Nouvelle-Calédonie et les îles Salomon, ne sont pas en reste, puisqu'ils possèdent respectivement 28 (les langues dites "kanak") et 63 langues distinctes.

Un peu perdu au milieu de cet océan polyglotte, et confiné dans l'île de Motalava parmi les îles Banks du nord du Vanuatu, le mwotlap reste une langue relativement importante, avec ses 1800 locuteurs.

jeux enfantsLe petit tour ethno-linguistique que nous vous proposons vous donnera une idée de la civilisation de cette région du monde, mais aussi des traits originaux que l'on trouve dans les langues mélanésiennes, voire uniquement en mwotlap. Ce sera aussi l'occasion de nous promener (tatal) sur les plages de sable blanc (nēvēthiyle qagqag), au vent du large qui parfois fait les cyclônes (nelen̄wuh "le vent qui frappe"). Tout en marchant, nous chanterons une chanson (sese n-eh), avant de nous arrêter au village (lepnō) pour écouter un conte ou deux (navap t-am̄ag, "les paroles d'autrefois").


Sōwlē, dō van ?
(Bon alors, on y va ?)

 

 

 

 
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©   Alexandre François 2017